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Ariel Henry, un délicat cas

Depuis quelques jours, Port-au-Prince s’enfonce un peu plus dans la violence. A cité soleil, au moins 89 personnes ont été tuées en une semaine dans des affrontements entre gangs rivaux. « Au moins 89 personnes ont été assassinées et 16 autres sont portées disparues« , a indiqué le Réseau national de défense des droits humains dans un communiqué, précisant que le bilan partiel de ces violences fait également état de « 74 blessés par balle ou à l’arme blanche ».

Depuis jeudi 7 juillet, les rafales d’armes automatiques crépitent à longueur de journée à Cité Soleil, commune la plus défavorisée et la plus densément peuplée de l’aire métropolitaine: deux factions de gangs s’y affrontent sans que la police n’intervienne.

Le long des corridors, des milliers de familles n’ont d’autre choix que de se terrer chez elles, sans pouvoir se ravitailler en eau et nourriture. Au calvaire de l’insécurité déjà trop pénible s’ajoutent l’envolée des prix, l’aggravation des carences de carburant dû à l’incompétence du présumé assassin Ariel Henry et sa bande, menaçant ainsi l’aide humanitaire pourtant cruciale pour les habitants.

Entravée dans ses opérations d’évacuations des victimes, l’organisation « Médecin sans Frontières » a néanmoins opéré une quinzaine de blessés par jour en moyenne depuis vendredi 8, dans son hôpital situé à proximité de Cité Soleil, malgré l’accès très difficile réservé aux ambulances dans la zone pour venir en aide aux blessés.

Le long de la seule route menant à Brooklyn, il y a des cadavres en décomposition ou brûlés. Certains habitants sont victimes de balles perdues à l’intérieur même de leurs modestes logements, faits de simples tôles. Ces affrontements meurtriers entre gangs affectent l’ensemble des activités à travers la capitale car c’est à Cité Soleil que se situe le terminal pétrolier qui alimente Port-au-Prince et tout le nord d’Haïti.

Malgré cette situation, le Premier ministre defacto et son gouvernement de pacotille restent muets, aucun tweet, aucune marque de solidarité à l’endroit du peuple de la plus grande bidonville du pays. Comme s’il était normal pour ce pauvre quartier de vivre dans ces conditions infra-humaines. Pourtant ce même Ariel se prosterne à l’ambassade du Japon pour rendre hommage à l’ancien Premier ministre japonais assassiné la semaine dernière.

Ariel Henry et ses jouisseurs mangent, boivent, pipent aux frais de la république, avec le « Petit reste » pour qui ils se sont donnés beaucoup de mal pour assassiner le président élu. « Plus de Jovenel Moïse, plus de massacre d’État, plus personnes n’est responsable », dit-on.

Le gang 400 mawozo a fait plus de 150 morts en mai dernier à Croix-des-Missions, il ne s’agit plus de Massacre d’État. A Cité Soleil, des gens meurent depuis vendredi. Pas question de parler Massacre d’État. Parce que tout le monde avale quelque chose et il est interdit de parler avec la bouche pleine.

Jovenel Moïse a été odieusement assassiné chez lui le 7 juillet 2021, les ennemis de la république n’ont plus personne à diaboliser. Et il devient normal pour le petit peuple de mourir comme des porcs à l’abattoir avec la différence que cette fois-ci personne n’est responsable. Pas même ce neurochirurgien converti en putschiste, pour qui la tâche de détruire le peuple paraît plutôt facile.
RN