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La DCPJ renforce la lutte contre la criminalité et les réseaux de gangs

La Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) vient de franchir une nouvelle étape dans la lutte contre la criminalité en Haïti en lançant une plateforme en ligne permettant au public d’accéder à des informations sur les individus activement recherchés à travers le pays, ainsi que sur les personnes évadées des prisons depuis 2004. Accessible via www.dcpj.gouv.ht, ce nouvel outil offre également plusieurs services destinés aux citoyens et vise à améliorer la sécurité publique.

Pour l’instant, la liste complète des personnes concernées n’a pas encore été totalement publiée. Cependant, lorsque l’on saisit le nom d’un individu soupçonné, le système affiche automatiquement les informations officielles disponibles, offrant ainsi une meilleure transparence et une opportunité pour le public de contribuer à la sécurité collective.

Des chefs de gangs réagissent au lancement du site

Le lancement de la plateforme n’a pas manqué de susciter des réactions dans le milieu criminel. Plusieurs chefs de gangs ont exprimé leur surprise et leur mécontentement.

Le chef de gang Krisla a été particulièrement vocal. Il a déclaré être choqué de voir figurer parmi les accusations portées contre lui des faits de trafic d’organes, en plus du kidnapping et du trafic de drogue. Selon lui, ces charges seraient « inventées par la police depuis 2015 », ajoutant sur un ton provocateur : « Le jour où la police me mettra en colère, je ferai réellement tout ce qu’on me reproche. »

De son côté, Babekyou, chef de l’organisation criminelle Viv Ansanm, a publié une conversation avec un employé présumé de la DCPJ pour se plaindre de la décision de publier son nom pour trafic d’organes, dénonçant une atteinte à sa réputation. Il estime qu’il s’agit d’un manque de respect pour une personne qui, selon lui, a passé 14 ans au sein de l’institution policière.

Ces réactions illustrent l’impact immédiat de la plateforme, qui met en lumière les figures du crime et leur présence sur les réseaux sociaux, tout en rendant leur traque plus transparente pour le public.

L’arrestation de Jean Max Louissaint, alias « Ralph Laurent »

L’un des résultats concrets de cette politique de traque numérique et policière a été l’arrestation de Jean Max Louissaint, alias « Ralph Laurent », recherché pour association de malfaiteurs et incitation à la violence. Actif sur les réseaux sociaux, Ralph Laurent participait régulièrement à des lives avec des chefs de gangs de l’organisation criminelle Viv Ansanm, ce qui renforçait ses liens présumés avec plusieurs groupes armés.

Les autorités dominicaines ont procédé à son arrestation le dimanche 23 novembre 2025, dans le cadre d’une opération coordonnée avec la DCPJ. La décision fait suite à plusieurs mois de surveillance et de diffusion d’avis de recherche à son encontre par la PNH.

La DCPJ a déjà engagé les démarches formelles auprès des autorités dominicaines afin d’obtenir son extradition vers Haïti dans les plus brefs délais. L’institution rappelle que Louissaint faisait l’objet de plusieurs avis de recherche antérieurs, notamment pour la promotion publique d’activités criminelles et son rôle de relais médiatique pour les gangs.

Une stratégie combinant numérique et actions concrètes

Le lancement de la plateforme et l’arrestation de Ralph Laurent illustrent une stratégie globale de la DCPJ : combiner technologie, transparence et coordination internationale pour lutter contre la criminalité et la propagation des groupes armés en Haïti. La plateforme en ligne permet au public de s’informer et de contribuer à la sécurité, tandis que les opérations ciblées montrent la détermination des autorités à agir contre les figures majeures du crime.

Selon des sources policières, l’interpellation de Ralph Laurent constitue « un signal fort » dans la lutte contre la propagande et la normalisation des violences criminelles, en particulier sur les réseaux sociaux, où ces figures cherchent à étendre leur influence.

Avec cette initiative, la DCPJ modernise ses méthodes de traque et d’information, offrant aux citoyens un accès direct aux informations officielles sur les criminels actifs et les évadés. Couplée à des arrestations symboliques comme celle de Ralph Laurent, cette démarche montre une volonté de renforcer la sécurité publique et de réduire l’influence des gangs dans le pays.

La vigilance reste de mise, mais ce nouvel outil représente un tournant dans la lutte contre la criminalité organisée en Haïti, mêlant innovation numérique et actions concrètes sur le terrain.

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